Faites un don !
Fédération de 928 associations et de 60 228 personnes |    Accueil > sinformer > themas > tcherno3 > 5
S'informer
Comment sortir du nucléaire?
Carte des sites nucléaires
Le risque nucléaire dans le monde
Les dossiers
Brochures en ligne
Revue "Sortir du nucléaire"
Pages thématiques
La phrase qui tue... le nucléaire
Diaporamas
Listes de diffusion
Liens
Boutique
Vidéos
Notre action juridique

Archives des dossiers du Réseau "Sortir du nucléaire"

Recherche

 

20 ans de Tchernobyl

6. Le Pr Pellerin n'est pas le seul coupable !

 

Nuage de Tchernobyl en France :
le Pr Pellerin n'est pas le seul coupable !

 

Le Pr Pellerin a été la cheville ouvrière du mensonge de l'Etat français lors du passage du nuage de Tchernobyl, mais aussi dans les jours, les mois et les années qui ont suivi. Il a abusé la population française, soit par ses déclarations, soit en diffusant délibérément des cartes mensongères ou trompeuses : mensongères lorsque les chiffres étaient faux, trompeuses lorsqu'il ne s'agissait que de moyennes rassurantes, masquant les zones les plus touchées.

 

Pour autant, ce serait une grave erreur de se focaliser sur le seul Pr Pellerin qui, de toute évidence, est fort utile pour cacher les responsabilités de l'Etat pronucléaire.

 

Certes, jusqu'à son départ à la retraite le 19 juillet 1994, le Pr Pellerin a dirigé SCPRI (Service central de protection contre les rayonnements ionisants), organisme "scientifique" devenu ensuite l'Office de protection contre les rayonnements ionisants (OPRI) avant d'être fusionné dans l'IRSN (Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire) qui existe aujourd'hui.

 

Cependant :

 

  • entre 1986 et 1994, le Pr Pellerin était loin d'être le seul à posséder les vrais chiffres de contamination du territoire français. Tous les sites nucléaires français ont vu leurs mesures "exploser". De nombreux "responsables" en étaient informés (directeurs de centrales EDF, de sites du CEA ou de la Cogéma ; Préfets etc.). Et, des perquisitions menées des années plus tard ont permis de retrouver des relevés de réunions interministérielles de mai 1986 portant des mentions aussi édifiantes que "Nous avons des chiffres qui ne peuvent être diffusés". La procédure judiciaire est toujours en cours.
  • depuis 1994, il n'est plus possible d'accuser le Pr Pellerin (parti à la retraite) de "confisquer" les données. Or, 12 ans plus tard, la vérité n'a pas été dévoilée par l'Etat (malgré les alternances politiques successives) et la juge d'instruction Marie-Odile Bertella-Geffroy doit faire preuve de la plus grande opiniâtreté pour obtenir des éléments fiables.

 

Alors, pourquoi la vérité n'a-t-elle pas été faite depuis ? Il faut se rappeler que, lors du passage du nuage de Tchernobyl sur la France :

 

  • le Président de la République était François Mitterrand : cela explique parfaitement pourquoi la vérité n'a pas été faite durant les gouvernements socialistes Bérégovoy, Cresson, Rocard (1988-1993) puis Jospin (1997-2002)
  • le premier ministre était Jacques Chirac et le porte-parole (muet !) du gouvernement Alain Juppé. Le constat est donc le même pour les gouvernements Balladur et Juppé (1993-1997) puis Raffarin et Villepin (depuis 2002).

 

Aujourd'hui encore, le Pr Pellerin ne manque pas de soutiens. Ainsi, le 21 juin 2005, une lettre ouverte en sa faveur a été signée par "une soixantaine de personnalités du monde de la science et du nucléaire" dénonçant les "odieuses attaques" lancées contre le responsable des service de radioprotection en France au moment de la catastrophe de Tchernobyl".

 

Parmi les signataires de cette lettre, on trouve bien entendu le prix Nobel de physique Georges Charpak, fidèle défenseur de l'atome, mais aussi plusieurs anciens dirigeants d'EDF, et surtout l'ancien Premier ministre Pierre Messmer. La signature de ce dernier est édifiante : il est un des plus sûrs alliés de l'armée dans l' "autre" mensonge nucléaire d'Etat, la contamination des populations locales et de nombreux vétérans du CEA, lors des essais atomiques en Algérie et dans le Pacifique.

 

Pourtant, assistant le 1er mai 1962 au tir dit "Beryl", Pierre Messmer a été irradié avec de nombreuses autres personnes, suite à l'effondrement de la montagne sous laquelle avait eu lieu l'explosion. La vie étant parfois injuste, il se porte encore aujourd'hui comme un charme à 90 ans, alors que de très nombreux "indigènes" et vétérans de l'armée sont morts ou subissent de terribles souffrances…

 

Le lobby nucléaire, civil et militaire, serre donc les rangs et soutient fermement le Pr Pellerin. C'est que, tant que ce dernier n'est pas confondu, il n'y a officiellement pas de "mensonge d'Etat", et personne n'est inquiété. Mais la justice suit son cours et l'étau se resserre…

 

Pour le moment, le Pr Pellerin peut toujours compter sur ses amis pronucléaires. Mais ce soutien, apparemment sans faille, pourrait bien se lézarder. En effet, si la justice parvient à établir clairement que la vérité a été cachée à l'ensemble de la population et que des millions de gens ont ainsi été mis en danger, il est fort possible, voire probable, que beaucoup de responsables de l'époque se "défaussent" sur le Pr Pellerin.

 

Imaginons un peu leurs déclarations : "C'était lui le responsable de la radioprotection, nous n'avons fait que tenir compte de ce qu'il nous disait. Nous n'avions aucun indice nous permettant de mettre en doute ses conclusions".

 

D'ailleurs, il est assez amusant de décrypter cette phrase extraite de la lettre se soutien au Pr Pellerin, signée par diverses personnalités pronucléaires : "C'est grâce à l'action lucide et efficace, au sang-froid et au courage de ce grand serviteur de l'Etat, que la France a évité de céder au lendemain de Tchernobyl à une panique injustifiée, dont les conséquences auraient pu être graves". Pour un peu, on lirait "Le Pr Pellerin a menti, mais c'était pour éviter la panique". Ce qui est certain, c'est que les hommes politiques aux affaires en avril et mai 1986 n'ont aucune envie d'être mis en face de leurs responsabilités.

 

L'enjeu des 20 ans de Tchernobyl n'est pas seulement la vérité sur cette catastrophe mais aussi l'acceptabilité des projets actuels de construction de nouveaux réacteurs nucléaires. Si les tenants de l'atome arrivent à faire croire que même Tchernobyl n'a pas eu de graves conséquences, ils auront beau jeu de prétendre que l'on peut relancer l'atome.

Plus que jamais, la vérité doit donc être faite sur Tchernobyl, que ce soit dans les zones les plus contaminées d'ex-URSS ou bien en France. La justice doit passer et les coupables être sanctionnés.

 

 

  2006 : Les 20 ans de Tchernobyl

Sommaire

3. La chronologie du nuage de Tchernobyl en France
4. Conséquence pour la santé
5. Des preuves du mensonge d'Etat
6. Le Pr Pellerin n'est pas le seul coupable !
7. Enquête Tchernobyl
8. Nuage de Tchernobyl et bruit des éoliennes : les dérives du Pr Aurengo et de l'Académie de médecine
Flux RSS RSS 2.0 | Plan du site | Contacts | Réseau "Sortir du nucléaire"