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Incident du 25 juillet 2006 en Suède:
catastrophe nucléaire évitée de justesse


4. La Suède refroidie par ses réacteurs

 
 

 

La Suède refroidie par ses réacteurs

 

Libération - Samedi 5 août 2006

Nucléaire. Après l'incident survenu à la centrale de Forsmark, la moitié du parc a été arrêtée.

L'organisme suédois de l'inspection de la sûreté nucléaire (SKI) qualifie l'incident de «sérieux» . Mardi 25 juillet, un court-circuit dans le réseau électrique en bordure de la centrale de Forsmark, située à 150 km au nord de Stockholm, a révélé des défaillances du système d'arrêt d'urgence. Une enquête a été ouverte. Deux des trois réacteurs n'ont toujours pas été remis en activité. Et, par crainte d'un incident comparable, l'opérateur de la centrale d'Oskarshamn, au sud-est du pays, a décidé à son tour mercredi d'arrêter deux de ses réacteurs.


Classé de niveau 2 sur l'échelle d'Ines (International Nuclear Event Scale), l'incident de Forsmark a été causé par une panne d'électricité, provoquée par un court-circuit hors de la centrale. «Le système de sécurité s'est déclenché comme prévu, c'est-à-dire que les réacteurs ont été mis à l'arrêt. Mais le problème est survenu au niveau du système de refroidissement, habituellement alimenté en électricité par le réseau électrique de la centrale. Quatre générateurs de secours ont été sollicités pour alimenter le système. Or deux seulement se sont déclenchés», explique Anders Bredfell, porte-parole de la SKI. Il a fallu attendre 21 minutes et 41 secondes pour que les deux autres soient activés manuellement.


Défaut de fabrication des batteries

«Grâce au démarrage automatique de deux des générateurs, le refroidissement des réacteurs n'a posé aucun problème», précise la direction de la centrale de Forsmark. Anders Bredfell ajoute : «A aucun moment, l'environnement ou la santé des gens vivant dans les alentours n'a été en jeu.» Dans un rapport remis à la SKI, la direction de Forsmark pointe du doigt un défaut de fabrication des batteries utilisées pour démarrer les générateurs d'électricité. Depuis, la SKI a demandé aux trois centrales de faire le point sur leur système de sécurité. La compagnie OKG, qui intervient à Oskarshamn, a décidé d'arrêter deux de ses trois réacteurs. Car, si la direction d'OKG pouvait assurer, mercredi, qu' «un des trois réacteurs est construit et équipé pour faire face à ce type d'incident», elle confessait avoir besoin d' «analyses supplémentaires» avant de se prononcer sur les deux autres.


Depuis mercredi soir, cinq des dix réacteurs nucléaires suédois sont donc à l'arrêt. L'un en raison de travaux de maintenance. Quatre, parce que leur système de sécurité a montré des défaillances. Sur le marché nordique de l'électricité Nord Pool, les conséquences de l'incident n'ont pas tardé à se faire sentir puisque, dès jeudi matin, le prix de l'électricité était à la hausse. Mais les autorités rassurent : aucun risque de pénurie n'est à craindre.
Reste qu'à un mois des législatives en Suède, les événements de ces derniers jours ont réveillé les passions. Certains sont même allés jusqu'à déclarer qu'il s'agissait de «l'incident le plus grave depuis Tchernobyl». Des «propos idiots», selon Anders Bredfell. Mais le leader des Verts, Peter Eriksson, prend ces déclarations très au sérieux. Il a réclamé que le parc nucléaire suédois fasse l'objet d'une enquête approfondie : «Nous devons de nouveau nous poser des questions fondamentales concernant les risques d'un accident, les faiblesses et les carences de sécurité qui sous-tendent l'utilisation du nucléaire.»


Revirement dans les sondages

Lors d'un référendum en 1980, 58 % des Suédois s'étaient exprimés en faveur du démantèlement progressif de leur parc nucléaire. Mais, depuis, le ton du débat a changé. Si deux réacteurs ont été fermés en 1999 et 2005, le gouvernement social-démocrate a décidé de renoncer à l'ultimatum, fixé à 2010, pour l'abandon définitif du nucléaire civil en Suède. Aujourd'hui, les trois centrales et leurs dix réacteurs fournissent 40 % de l'électricité consommée par le royaume. Or, selon un sondage réalisé en juin par l'institut Temo, 85 % des Suédois seraient désormais favorables à la poursuite de l'utilisation du nucléaire civil.

Vérifications tous azimuts en Europe


Pour les antinucléaires européens, les incidents suédois apparaissent comme un «Tchernobyl raté» : «La défaillance des systèmes d'alimentation électrique d'urgence peut causer la fusion du combustible nucléaire, après la perte d'alimentation principale ou lors d'un black-out.» Peut-être s'emballent-ils un peu vite... L'incident a été jugé sérieux, mais pas catastrophique. En revanche, la décision de stopper la moitié du parc suédois inquiète. En Allemagne, le ministère de l'Environnement s'est empressé de vérifier si les centrales du pays étaient équipées de la pièce défectueuse qui a conduit à l'incident de Forsmark. En France, EDF assure qu'un tel incident ne peut se produire, les réacteurs étant de conception différente. Pour les antinucléaires, ces différences ne mettent pas EDF à l'abri d'un «accident générique», une panne ou une défaillance affectant plusieurs réacteurs, voire tous ceux du parc français. «Le problème est bien plus large que les réacteurs suédois, des incidents similaires ont été constatés dans différents pays. Une enquête sur les 443 réacteurs nucléaires mondiaux est indispensable et urgente», estime Jan Van de Putte, chargé de campagne nucléaire pour Greenpeace International.

 

 

 

 

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2. Catastrophe nucléaire évitée de justesse le 25 juillet 2006 en Suède
3. Suède: A quelques minutes de l’accident majeur nucléaire
4. La Suède refroidie par ses réacteurs
5. Incident "sérieux" dans une centrale nucléaire suédoise
6. L’Europe est-elle menacée par ses centrales nucléaires ?
7. Une panne nucléaire fait des remous en Europe
8. L'incident de la centrale suédoise ne peut pas se produire outre-Rhin
9. Un vent du nord refroidit les ardeurs nucléaires
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